Nos motivations

La Transition écologique et solidaire est aujourd’hui en proie à de nombreuses controverses : bien qu’il y ait aujourd’hui une reconnaissance partagée de l’existence des problèmes environnementaux et sociaux auxquels nous faisons face, les chemins pour les explorer, les formuler et les résoudre sont nombreux. Mais souvent les décisionnaires ont tendance à privilégier des chemins par habitude de leur mode de fonctionnement, par une plus grande visibilité de leur existence ou encore par une meilleure connaissance des risques et des bénéfices qu’ils entraînent. Les solutions adoptées risquent alors de n’être pas applicables, pas aussi efficaces que prévu ou pas acceptées par la population.

« Le développement des sciences et techniques, et les débordements qui l’accompagnent, suscitent chaque jour davantage de controverses et de contestations de la part de groupes sociaux qui trouvent un large écho dans la population. A chaque nouvelle crise, relayée et amplifiée par les médias, la défiance vis-à-vis des experts, des technocrates et des politiques, accusés de décider – en toute opacité – sur le dos des citoyens, ne fait que s’accentuer. Face à la crise du système de légitimité rationnel-légal fondé, depuis les Lumières, sur l’alliance du savant et du politique, les critiques fusent mais les solutions manquent. »

Frank Aggeri, CGS, école des Mines de Paris (source)

Pourtant des pistes existent : des praticiens-professionnels comme des ouvriers qui décident de la gestion de leur entreprise ou des paysans qui collaborent avec des chercheurs et des ingénieurs pour associer leurs connaissances dans la définition de nouvelles pratiques agricoles ; les usagers-consommateurs d’un service ou d’un produit comme pour le service à la personne où les bénéficiaires dessinent les contours de leur accompagnement plutôt que de juste faire part de leurs plaintes ; ou encore les habitants-citoyens d’un territoire qui s’insurgent pour s’immiscer dans la conception de l’aménagement de leur quartier. Ce qui est à l’origine de ces tentatives de dépasser la situation actuelle, c’est la définition de l’identité de ces acteurs, que ce soit dans la représentation qu’on se fait d’eux, dans la définition de leurs pratiques, dans la conception de leurs outils ou dans l’aménagement de leur environnement.

Ce constat nourrit notre conviction en la nécessité de la participation. Elle est un levier puissant pour transformer la société en favorisant le partage de la responsabilité et la transparence du processus de décision dans la construction des politiques publiques et dans la production de savoirs scientifiques. Elle permet ainsi la compréhension, l’acceptation et l’implication de l’ensemble des parties prenantes sans exclusivité ni intérêt prévalant, et en particulier des citoyens, dans les transformations structurelles engagées.

En outre, la participation requiert l’interdisciplinarité pour appréhender le réel dans son ensemble, en articulant les multiples dimensions qu’étudient les différentes disciplines scientifiques et techniques. Mais également sans s’arrêter à celles-ci : l’alliance seule des sciences des laboratoires ne peut rendre compte de la complexité des problèmes singuliers qui touchent la vie quotidienne des citoyens. Il est dès lors nécessaire d’ouvrir des espaces de discussion entre les recherches « confinées » des laboratoires et les recherches « de plein air » des citoyens dans l’exploration des mondes possibles et des entités humaines et non-humaines qui le composent pour co-construire un monde commun.

Le Transilab se donne ainsi pour mission de remettre en question la configuration sociopolitique classique, qui oppose citoyens-profanes-consommateurs d’un côté et élus-scientifiques-industriels de l’autre, et d’en expérimenter les multiples reconfigurations possibles pour donner un nouveau sens à la notion de démocratie. Ces expérimentations s’ancrent dans des projets techniques locaux, faisant rejoindre ainsi les enjeux de la démocratie technique avec ceux de la démocratie de proximité et de la démocratie participative.

Notre projet associatif

Notre projet associatif a vocation à expérimenter de nouvelles formes de démocratie, dans lesquels nous fixons nos propres règles de participation, décidons d’intervenir dans n’importe quel maillon de la chaîne de décisions et invitons institutions politiques, administratives et scientifiques à considérer les savoirs qu’ils manipulent comme complémentaires à ceux des citoyens. Notre projet associatif vise également à promouvoir ces nouvelles formes de démocratie, pour partager et  diffuser les enseignements de nos expérimentations.

Interroger et transformer les choix sociotechniques sur une thématique et un territoire donnés

Développer et expérimenter de nouvelles formes d’organisation sociotechnique

Éducation populaire aux sciences et techniques

S’interroger et échanger sur les sciences et leurs liens avec la société et son organisation

Nos prestations

Nous proposons de valoriser notre savoir-faire en ingénierie de la participation et en sociologie appliquée pour répondre aux besoins des collectivités territoriales, des laboratoires de recherche et des entreprises en matière de démocratie participative et technique, afin de faire évoluer leur culture démocratique et d’accompagner l’émergence d’un questionnement critique sur leurs intentions, leurs pratiques, leurs décisions et leurs réalisations par l’intégration des collectifs concernés par leurs décisions et leurs projets techniques.

Étude sociotechnique

Appréhender l’impact social de votre projet, les résistances à sa réalisation et les options à sa reconception

Co-construction

Développer votre méthode de participation citoyenne sur vos projets sociotechniques

Formation universitaire

Développer une formation universitaire sur les liens entre technique et politique dans la Transition